11
Ce poème aurait très bien pu être écrit par Emilio Carrere ou Francisco Villaespesa, selon Andrés Amorós dans Vida y literatura en «Troteras y danzaderas». (Madrid: Castalia, [1973]).
12
Ce sonnet ne ferait-il pas écho à celui de Paul Verlaine (1844-1896) extrait de Parallèlement (1889), significativement intitulé «Caprice»?: «O poète, faux pauvre et faux riche, homme vrai, / Jusqu'en l'extérieur riche et pauvre pas vrai, / (Dès lors, comment veux-tu qu'on soit sûr de ton cœur?) / Tour à tour souple drôle et monsieur somptueux, / Du vert clair plein d'espère au noir componctueux, / Ton habit a toujours quelque détail blagueur. / Un bouton manque. Un fil dépasse. D'où venue / Cette tache - ah ça, malvenue ou bienvenue? - / Qui rit et pleure sur le cheviot et la toile? / Nœud noué bien et mal, soulier luisant et terne. / Bref, un type à se pendre à la Vieille Lanterne / Comme à marcher, gai proverbe, à la belle étoile. // Gueux, mais pas comme ça, l'homme vrai, le seul vrai, / Poète, va, si ton langage n'est pas vrai, / Toi l'es, et ton langage, alors! Tant pis pour ceux / Qui n'auront pas aimé, fous comme autant de tois, / La lune pour chauffer les sans femmes ni toits, / La mort, ah, pour bercer les cœurs malechanceux. // Pauvres cœurs mal tombés, trop bons et très fiers, certes / Car l'ironie éclate aux lèvres belles, certes, / De vos blessures, cœurs plus blessés qu'une cible, / Petits sacrés cœurs de Jésus plus lamentables, / Va, poète, le seul des hommes véritables, / Meurs sauvé, meurs de faim pourtant le moins possible»
. Parallèlement: c'est ainsi que s'est construit l'art de vivre et l'art d'écrire bohème, parallèlement à la culture officielle, au canon, à l'idéologie dominante. Parallèlement: c'est ainsi que naît le caprice.
13
Emilio Carrere. Antología. Clásicos Madrileños, 19. Ed. José Montero Padilla. Madrid: Editorial, 1999, p. 356.
14
Ibid., p. 375.
15
Alfonso Camín. Entevistas literarias. Gijón: Llibros del Pexe, 1998, p. 80.
16
Ibid., p. 79.
17
Les poèmes cités sont extraits des anthologies préparées par Cossío et Padilla.
18
Carrere, op. cit., pp. 76-110.
19
Ibid., p. 112.
20
Il déclarera même à José María Carretero dit 'El Caballero Audaz': «Yo he satirizado ferozmente a los grotescos polichinelas de la bohemia». El Caballero Audaz. Galería (Más de cien vidas extraordinarias contadas por sus protagonistas y comentadas por el Caballero Audaz). Tome II. Madrid: Ediciones Caballero Audaz, 1943, p. 377.