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Ses ouvrages lui ont mérité soit l'attribution de la paternité de la Philologie Comparée, soit simplement la reconnaissance de leur valeur ethnographique (cf. Coseriu, 1978a: 37, 46-47).

 

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C'est ainsi que nous abrégeons le titre Catálogo de las lenguas de las naciones conocidas, y numeración, división y clases de estas, segun la diversidad de sus idiomas y dialectos. Il faut noter, comme E. Coseriu (1978a: n. 14) le fait qu'il y a une discordance importante entre la date de la page de titre et celle de la dédicace du vol. IV. La page de titre indique l'an 1804, mais la date qui ferme la dédicace est «Roma 30 de abril de 1803».

 

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Il entend par «nation» l'ensemble des individus appartenant à une communauté qui se caractérise par des traditions et des origines communes. Il accepte la tradition qui distingue des «nations barbares» et des «nations civilisées». Les premières sont transhumantes et envahisseuses (Hervás, 1801: 236). Les secondes se caractérisent par un emplacement stable, une forme de gouvernement qui reconnaît l'autorité d'un souverain (une sorte de monarchie paternaliste et éclairée) (Hervás, 1798a: 32-34; Hervás, 1805: 157-158) et surtout par le progrès des sciences et des arts (Hervás, 1789b: 27-32; Hervás, 1802: 21). Outre cela, le christianisme est un signe de probable civilité (Hervás, 1800: 7; Hervás, 1804a: 11-13, 299-300).

 

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Mais le développement de l'ouvrage ne correspond pas toujours à ce projet initial. L. Hervás, lui-même, relève une des différences du traité: «Antes, en los discursos hechos sobre las naciones americanas, asiáticas, isleñas y europeas advenedizas, he tenido por objeto principal su clasification [...]: ahora, respecto de las tres naciones europeas primitivas, es mas amplio el objeto de mis discursos, pues se extiende á investigar todo lo posible sobre su posible situación y mas antiguas transmigraciones». (Hervás 1804a: 61). D'autre part, L. Hervás s'occupe très habituellement des peuples, non des langues, ce qui est évident quand il parcourt le continent américain.

 

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Les langues, les moeurs et l'aspect physique (figura corporal) sont préférés à d'autres témoignages documentaires, comme des hiéroglyphes, des symboles et des alphabets. Il prend comme argument fundamental que les langues, les moeurs et l'aspect physique sont des manifestations «naturelles». En d'autres termes, ce sont des propriétés qui ressortent de la nature même de l'être humain (Hervás 1800: 5).

 

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F. Lázaro Carreter souligne que G. Leibniz, en 1710, pose la même correspondance sans l'appliquer de manière détaillée et que le mérite de cette application revient à L. Hervás (Lázaro, 1949: 106). En fait, le jésuite espagnol, qui connaît et mentionne des auteurs importants de l'époque (A. Court de Gebelin, E. B. de Condillac, J. Harris, W. von Humboldt), exclut G. Leibniz des chercheurs les plus estimés (Rudbeck, Eckhart, Schoepflin) (Hervás, 1800: 59), bien qu'il le considère comme un promoteur de ce genre d'études à deux reprises (Hervás, 1800: 40; Hervás, 1805: 198).

 

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Cette solution du problème de l'origine historique des langues n'empêche pas que L. Hervás abandonne le mythe de la monogenèse hébraïque (Hervás 1801: 380), mais, pour lui, cette question est sans intérêt.

 

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Et pourtant, quand il pose le problème des origines, il n'examine pas les langues -à l'exception de l'hébreu (Hervás 1801: 373)-, mais les peuples (Hervás 1804a: 17-19; Hervás 1805: 13).

 

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Il faut noter que la distinction de trois éléments rapportés à quelques aspects des sons, de la grammaire et du lexique n'est pas originale. D. Droixhe fournit des témoignages semblables (Droixhe 1978: 72-75, 94-95).

 

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Lázaro Carreter souligne non seulement les prédécesseurs de cette idée (Ignacio de Armesto dans son Theatro anticrítico universal et Manuel Larramendi dans son Diccionario trilingüe castellano, bascuence y latín), mais aussi les rapports avec l'opposition entre matière et forme de la logique classique: «creo que la genealogía del método de Hervás debe establecerse a partir de esta primera célula: la distinción aristotélico-tomista entre materia y forma en la oración, y de la identificación, falsa en el terreno de la lógica, de la forma con la ordenación y unión de las partes». (Lázaro 1949: 110).

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