Au cours d'un récent colloque organisé en décembre 1993 à Paris par Jean-René Aymes, et auquel je n'ai pu participer, Patricia Mauclair a étudié les Français dans les «sainetes» du XVIIIe siècle. Je ne connais pas le texte de sa communication, dont la publication, selon toute vraisemblance, ne saurait tarder, et je regrette vivement de n'avoir pu mettre à profit son apport. Mon intention était d'ailleurs à l'origine de travailler sur le «teatro breve» en général: j'ai dû en conséquence me limiter à un seul de ses genres et, contre toute attente, j'ai trouvé dans les «tonadillas» plus d'éléments qu'il n'en fallait pour rédiger cette communication.
Didier Ozanam, «Les Français à Madrid dans la deuxième moitié du XVIIIe», Madrid en la época moderna: Espacio, sociedad y cultura, Mad., Universidad Autónoma, 1991, p. 177-200, et «La colonie française de Cadix au XVIIIe siècle d'après un document inédit (1777)», Mélanges de la Casa de Velázquez, IV (1968), p. 259-347. On lira également avec profit, du même auteur, «Le recensement des étrangers en 1791: une source pour l'histoire des colonies étrangères en Espagne», in Les Français en Espagne à l'époque moderne, P., CNRS, 1990, p. 215-226; cet ouvrage collectif contient d'autres études qui, si elles concernent en gros pour moitié le XVIIe siècle, n'en présentent pas moins d'intérêt pour le dix-huitiémiste.
Ibid., p. 182 et s.
Vid. Valeriano Bozal, «La formación del costumbrismo en la estampa popular española del siglo XVIII», Cuadernos Hispanoamericanos, nº 384, junio 1982, p. 499-535.
Le premier de ces deux ouvrages a été récemment réédité par Valeriano Bozal, Mad., Turner, 1988; le second, Colección general de los trajes que en la actualidad se usan en España principiada en el año 1801, par le même chez Visor Libros, Mad., 1982.
P. Aubier, Collection bilingue, 1980, p. 258 et s. On consultera également avec le plus grand profit l'ouvrage d'Asensio Gutiérrez, La France et les Français dans la littérature espagnole. Un aspect de la xénophobie en Espagne (1598-1665), qui permet de constater que certaines des particularités évoquées ici à propos de nos compatriotes, notamment les colporteurs, étaient déjà chose courante au siècle précédent, qu'il s'agisse de l'hostilité à leur égard pour des raisons économiques, de leur jargon et de leur prononciation défectueuse, des produits qu'ils proposent ou des petits métiers qu'ils exercent, selon les auteurs littéraires ou les chroniqueurs, etc. Daniel Alcouffe, dans sa «Contribution à la connaissance des émigrés français de Madrid au XVIIe siècle», Mélanges de la Casa de Velázquez, 2, 1966, p. 179 et s., précise qu'en dépit de l'hostilité des autochtones, certains étrangers, minoritaires, pouvaient alors être admis dans les «gremios» sans être naturalisés, et il cite l'un d'eux qui, à peu de chose près comme les indésirables dont nous parle Quevedo, exerce le métier «de hacer rastrillos, ratoneras, fuelles y peines». Mais c'étaient les boulangers qui s'étaient taillé la part du lion dans la capitale, et ils la conservèrent jusqu'au XIXe siècle.
London, Tamesis Books Limited, 1966, p. 89.
«Bugre», «voz puramente Francesa», selon le Diccionario de Autoridades, était synonyme de «puto» d'après le même ouvrage, qui ajoute: «... de oir esta palabra la gente común, vulgar y licenciosa a los mismos Franceses sin saber su significado, los llaman Bugres». Il s'agissait à l'origine, c'est-à-dire avant que l'usure sémantique ne fasse son oeuvre, des «Boulgres», des Bulgares, auxquels on attribuait des moeurs contre nature. Depuis le siècle précédent, ce n'étaient plus ces derniers, mais les Italiens, qui symbolisaient ce que Sa Sainteté Jean-Paul II condamne comme une satanique perversion (vid. P. Alzieu, Y. Lissorgues, R. Jammes, Floresta de poesías eróticas del Siglo de Oro, Toulouse, France-Ibérie Recherche, 1975). On nous appelait aussi «monsiures» et, durant la guerre d'Indépendance, les envahisseurs napoléoniens étant passés par la vallée de Baïgorri, au Pays Basque, «baygorrianos» fut le nouveau surnom, éphémère, donné à ceux qui venaient «régénérer» l'Espagne à coups de canon.
El francés, el italiano y los majos, o el triunfo de las mujeres, in José Subirá, Tonadillas teatrales inéditas (à partir de maintenant: TTI), Mad., 1932, p. 75 et s.